Votre site a cinq ans. Il fonctionne encore, mais il ne ressemble plus à rien, il rame sur téléphone, et le modifier vous prend une demi-journée. Faut-il le reprendre ou repartir de zéro ? La réponse ne dépend pas de son âge.
Les deux options, sans le jargon
La refonte garde les fondations : l'hébergement, la base de données, les adresses des pages, le contenu, souvent le socle technique. On remplace l'apparence, on réorganise, on répare. La reconstruction repart d'une page blanche et on réimporte ce qui mérite de l'être.
La différence de prix est réelle mais moins grande qu'on ne l'imagine — de l'ordre de 30 à 50 %. La vraie différence est ailleurs : la refonte conserve votre référencement acquis, la reconstruction le met en jeu.
Les cinq questions qui tranchent
Répondez honnêtement. Deux « oui » ou plus penchent vers la reconstruction.
- Votre site reçoit-il du trafic depuis Google ? Si oui, et si ce trafic compte, la refonte est presque toujours le bon choix. Une reconstruction mal conduite fait perdre 30 à 70 % du trafic organique pendant plusieurs mois, et parfois durablement. Ce n'est pas une fatalité — c'est une question de plan de redirections — mais c'est le risque principal.
- Le socle technique est-il encore maintenu ? Un site sur une version de PHP abandonnée, ou construit avec un outil qui n'existe plus, ne se répare pas : chaque correction en casse une autre. C'est le seul argument qui impose la reconstruction à lui seul.
- Le contenu est-il encore juste ? Si les textes, les prix et l'offre sont à refaire de toute façon, l'avantage de la refonte fond : vous ne conservez plus que la structure.
- Combien d'extensions et de rustines ? Passé une trentaine d'extensions, dont plusieurs abandonnées par leurs auteurs, on ne rénove plus un site : on entretient une dette. La reconstruction devient moins chère à trois ans.
- Le modèle de l'entreprise a-t-il changé ? Un site fait pour présenter une activité ne devient pas une boutique par retouches successives. Quand la finalité change, l'architecture doit changer.
Le vrai coût de la reconstruction
Il n'est pas dans le devis. Il est dans le trafic perdu pendant la transition, et dans le temps que vos équipes passent à réécrire des contenus qui existaient déjà. C'est un projet de trois mois vécu comme un projet de six semaines.
Trois précautions le rendent supportable. D'abord un relevé exhaustif des adresses existantes, avant toute suppression — on ne peut pas rediriger ce qu'on n'a pas listé. Ensuite une redirection permanente de chaque ancienne adresse vers la nouvelle page équivalente, pas vers l'accueil : rediriger tout vers l'accueil revient à supprimer. Enfin une surveillance des erreurs 404 pendant les deux mois qui suivent la mise en ligne, parce que la liste initiale est toujours incomplète.
Vos anciennes adresses ont de la valeur : ce sont elles que Google connaît, et ce sont elles que d'autres sites ont mises en lien. Un plan de redirections complet est ce qui sépare une refonte réussie d'une remise à zéro déguisée. C'est deux jours de travail, et c'est ce que les devis les moins chers ne contiennent pas.
Ce qui se garde presque toujours
Même en repartant de zéro, trois choses méritent d'être reprises : les adresses des pages qui reçoivent du trafic, les contenus qui se positionnent déjà, et les avis et signaux accumulés sur votre fiche d'établissement Google, qui ne dépendent pas du site mais que la transition peut perturber si les coordonnées changent en cours de route.
Le calendrier réaliste
Une refonte de site vitrine occupe trois à cinq semaines : une semaine de relevé et d'arbitrages, deux à trois semaines de production, une semaine de recette et de mise en ligne. Une reconstruction complète part sur huit à douze semaines, l'écart tenant presque entièrement à la reprise des contenus.
Dans les deux cas, prévoyez le basculement en début de semaine et hors période commerciale forte. Un site remis en ligne un vendredi soir se répare le lundi matin.
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